mercredi 21 mars 2012

Des sans-abri transformés en Hot Spots aux Etats- Unis

Beaucoup ont cru à une blague, lorsque BBH New York, une agence de création, a annoncé le projet Homeless Hotspots à l’occasion de la conférence South By SouthWest Interactive . Et pourtant, cette « initiative de charité innovante » selon BBH, est bien réelle : elle a consisté à employer des SDF comme hot spots 4G disséminés dans Austin, à la disposition des conférenciers en mal de connexion… 

Chaque SDF participant portait un T-shirt personnalisé. Sur celui de Clarence (vidéo ci-dessous) on pouvait lire « Je suis Clarence, un hot spot 4G. Envoyez HH Clarence au 25827 par SMS pour avoir accès ». Sur le site du projet, on peut voir, sur Google Maps, la position de chaque sans-abri.

Avec un cynisme incroyable, BBH décrit ainsi son projet : « Cette année à Austin, alors que vous vous déplacerez en vous plaignant de la mauvaise connexion et que vous ne pourrez pas télécharger/streamer/tweeter/utiliser Instagram/faire uncheck-in, vous tomberez sur des individus positionnés de façon stratégique portant des tee-shirts “hot spot sans-abri”. Ce sont des SDF […] qui portent des appareils MiFi. Présentez-vous, puis connectez-vous à leur réseau 4G avec votre tablette ou votre téléphone pour une connexion rapide et de qualité. »


Le prix conseillé : deux dollars pour quinze minutes de connexion, même si le tarif est libre. La somme est intégralement transmise au sans-abri dans un second temps, après un passage par Paypal. « Nous pensons que fournir un service numérique permettra à ces gens de gagner plus d’argent que s’ils vendaient des journaux. »
En proposant ce service, BBH estime en effet qu’il modernise une activité déjà pratiquée par les sans-abri de nos jours : la vente de journaux (comme L’Itinérant en France par exemple). « Un modèle qui a prouvé son succès mais qui a un problème : comme toutes les publications imprimées, ces journaux subissent la menace de la prolifération des médias numériques. »

Que l’on se rassure cependant : une majorité d’Américains et de nombreux conférenciers ont été scandalisés comme nous par Homeless Hotspots. A tel point que BBH a été obligé de s’expliquer pour rappeler qu’elle ne se faisait pas d’argent sur cette opération – encore heureux, serait-on tenté de dire – et que ce test (en fait, une bêta d’un programme que l’entreprise voudrait plus large) n’a duré que quinze jours. Il n’en demeure pas moins que cette firme a clairement souhaité créer le buzz à l’occasion du  South By SouthWest Interactive  pour se faire connaître. C’est réussi. Mais pas forcément comme les drôles de créatifs de cette agence l’entendaient.   

Charles

Source: BBh labs



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